Il était assis, donc. En face de sa chaise, il y avait un miroir et il ne put s’empêcher de considérer son visage. Ce fut comme s’il se voyait pour la première fois. Il fut terrifié, en tout cas. Il comprit pourquoi, ces dernières années, il avait eu si peur des miroirs. Car ce n’était pas une bonne chose de voir de ses propres yeux sa déchéance. Tant qu’on n’était pas forcé de voir son visage, c’était presque comme si on n’en avait pas, ou comme si on avait encore l’ancien, celui d’avant la déchéance.

Joseph ROTH, La légende du saint buveur, traduction de Maël Renouard, Éditions Sillages, 2016

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