Le vrai luxe

Il y a peu, une petite enquête pour laquelle je devais répondre à la question « Qu’est-ce que le luxe ? » me fit me rappeler une expérience vécue au début des années cinquante, alors que j’étais jeune marchand d’art à Paris : la venue dans ma galerie du collectionneur français, le baron Alain de Rothschild (J’avais pris un demi-Valium contre le trac !). Je lui présentai quelques beaux travaux de Picasso déjà rares à l’époque, parmi lesquels une aquarelle de la période des Saltimbanques, vers 1905-1906 ; il s’agissait d’un cadeau de mariage de Picasso au collectionneur Frank Haviland, l’un des premiers soutiens du grand peintre espagnol avec Gertrude Stein et Wilhelm Uhde. L’aquarelle, dans les plus tendres couleurs de la période rose, représentait un groupe de chevaux buvant.

Le baron fut charmé et se décida vite. Il voulait acquérir l’œuvre. Je lui demandai s’il voulait la conserver chez lui quelque temps afin de l’examiner de plus près. Il répondit que ce n’était pas nécessaire: il voulait l’acheter tout de suite et l’emporter. J’étais très impressionné par la rapidité de sa décision -c’était l’une des premières ventes importantes de ma jeune carrière. Il me semblait surprenant de se décider aussi vite pour un tel achat. J’avais toujours entendu dire que les collectionneurs gardaient souvent les tableaux chez eux pendant des semaines, voire des mois avant de se prononcer. Par la suite, lorsque j’eus appris à connaître le baron, je compris que c’était un homme d’une grande retenue, extrêmement discret. Ses décisions étaient toujours très spontanées.

Je fis emballer le tableau avec soin et proposai à mon hôte de le raccompagner jusqu’à sa voiture, ou d’aller demander à son chauffeur de prendre la toile.

Mais le baron refusa. « Mon chauffeur n’est pas là, dit-il. Je rentre chez moi en métro. »

Il quitta ma galerie avec le précieux tableau sous le bras. Un Picasso de la période rose dans le métro, on ne voit pas cela tous les jours. Voilà, me semble-t-il, ce qu’est le luxe. Le vrai luxe.

Heinz BERGGRUEN, Mon premier Picasso, L’Arche, 2006

L’art, ou la vie

La grandeur de l’art véritable, au contraire, de celui que M. de Norpois eût appelé un jeu de dilettante, c’était de retrouver, de ressaisir, de nous faire connaître cette réalité loin de laquelle nous vivons, de laquelle nous nous écartons de plus en plus au fur et à mesure que prend plus d’épaisseur et d’imperméabilité la connaissance conventionnelle que nous lui substituons, cette réalité que nous risquerions fort de mourir sans l’avoir connue, et qui est tout simplement notre vie, la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie, par conséquent, réellement vécue, cette vie qui, en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l’artiste. Mais ils ne la voient pas, parce qu’ils ne cherchent pas à l’éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré d’innombrables clichés qui restent inutiles parce que l’intelligence ne les a pas « développés ». Ressaisir notre vie ; et aussi la vie des autres ; car le style, pour l’écrivain aussi bien que pour le peintre, est une question non de technique, mais de vision. Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens directs et conscients, de la différence qualitative qu’il y a dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui, s’il n’y avait pas l’art, resterait le secret éternel de chacun. Par l’art seulement, nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n’est pas le même que le nôtre et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu’il peut y avoir dans la lune. Grâce à l’art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et autant qu’il y a d’artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l’infini, et qui bien des siècles après qu’est éteint le foyer dont ils émanaient, qu’il s’appelât Rembrandt ou Vermeer, nous envoient leur rayon spécial.

Marcel PROUST, Le Temps retrouvé

Anne-Marie BOCH: L’euphorie des cimes

L’euphorie des cimes, cette ivresse particulière du dépassement de soi en montagne. Chirurgien et alpiniste amateur, Anne-Marie Boch y consacre un joli petit essai qui est comme une sorte de phénoménologie de l’alpinisme. Beau récit d’expériences qui, mises bout à bout, finissent par approcher quelque chose de cette euphorie des cimes qui donne son joli titre à ce livre: l’hostilité du milieu naturel, sa fragilité, un certain romantisme de la solitude, l’effroi délicieux d’une montagne qui contemplée de près ouvre au sentiment du sublime, les effets aussi sur le corps et l’esprit, comme une drogue, jusqu’à une forme de mysticisme, et puis la découverte de l’intelligence du corps confrontée à l’altérité de la nature, le monde pris à mains nues, entre caresse et écorchure, dans cet art particulier à la fois si technique et qui cependant ne proscrit aucun geste a priori, tout dépendant pour finir de la paroi à laquelle il faut bien s’adapter. Ainsi l’alpinisme est-il une activité engagée comme on dit dans le jargon de ce sport. La recherche de la peur, de l’angoisse, du malaise n’est pas à négliger. Avec peut-être ce fond de culture aristocratique: « Valider son existence en la risquant »!

Voilà, difficile de résumer un tel livre, à la fois très sensible, visuel, tactile, presque sensuel dans son évocation des courses en montagne. On y passe en tout cas une belle heure de lecture.

Eloge de la main: « on dirait qu’elle pense »

La lecture parfois permet des associations comme on suivrait des pensées: de fil en aiguille par le simple jeu de « ça me fait penser à », le plaisir d’avoir découvert une sente, le désir de la suivre. Le beau livre d’Anne-Marie Boch, L’euphorie des cimes, les très belles pages qu’elle consacre à l’expérience d’une forme de toucher esthétique quand on grimpe en montagne (pages dont j’ai publié ici un extrait jeudi dernier) m’a ramené à des choses que je connais mieux: le tâtonnement de la main qui crée par exemple dans le dessin. Sensation délicieuse qui est à la fois celle d’une maîtrise technique et d’une rencontre toujours étonnante, voire bouleversante – quand le dessin « prend » en tout cas- avec la singularité de ce qui advient devant soi. Le dessin aussi connaît ses tâtonnements, ses caresses, cette impudeur particulière du toucher dont ne s’imaginent sans doute pas ceux qui le réduisent à une sorte d’ivresse du regard. Au fond tout cela n’est peut-être pas si éloigné de ce que dit Anne-Marie Boch de la montagne: ouvrir une voie, s’écorcher à la dureté du rocher dont le toucher est aussi une expérience d’une sensualité toute minérale, tenir le monde à main nue, mais dans un geste de suprême élégance, du bout des doigts, qui est aussi à la mesure du risque, du corps qu’on engage, danser sur la corde raide. En déambulant ce matin dans les salles du musée que je fréquente très régulièrement à la recherche d’une voie nouvelle à frayer, dans la confrontation avec les grands maîtres, je me suis senti moi aussi un instant une sorte d’alpiniste de la peinture, le feutre à la main, tâtonnant sur le papier à la recherche de ces prises que ma main inventait. Et puis, ce soir je me suis souvenu de ce petit essai d’Henri Focillon, lu il y a longtemps: Eloge de la main.

…à la recherche d’une voie nouvelle à frayer, dans la confrontation avec les grands maîtres…

La main est action: elle prend, elle crée, et parfois on dirait qu’elle pense. Au repos, ce n’est pas un outil sans âme abandonné sur la table ou pendant le long du corps: l’habitude, l’instinct et la volonté de l’action méditent en elle (…)

Henri FOCILLON, Eloge de la main (1934)

Une sensualité toute minérale

Comme le remarque le public, étonné, l’escalade est une activité qui se pratique «à mains nues ». Et que l’on porte des gants en alpinisme glaciaire ne change rien à l’affaire, En escalade rocheuse, on met les mains sur la paroi, et ce contact direct participe de l’impression de réalité du monde. L’alpiniste entretient avec le monde un rapport charnel, incarné. Il prend le monde à pleine main, cette main qui tâte et caresse le rocher en même temps qu’elle s’y agrippe. Contact rugueux, certes, mais en même temps plein de volupté. La main en ressort souvent écorchée, égratignée, les ongles salis et cassés. Mais elle développe en retour une sensibilité particulière, faite de force et de savoir, un savoir obtenu par l’exploration microscopique que permet le tâtonnement. Le granit, le gneiss, le calcaire, le grès, le schiste, le poudingue… Le grimpeur connaît et apprécie la diversité des roches en spécialiste. Sa connaissance de la géologie n’est pas scientifique, mais esthétique (au sens de «fondée sur l’appréhension sensible »), c’est-à-dire profonde, intime, et comme telle extraordinairement enrichissante.

Je garde ainsi en moi, comme gravée dans ma chair, la mémoire du calcaire éblouissant des Dolomites centrales. Cette « dolomie» blanche, dure, sculptée par le vent en d’innombrables trous et aspérités. Cette roche admirable qui construit des jaillissements monolithiques de plusieurs centaines de mètres, où l’œil ne voit que verticalité mais où la main trouve des replis pleins de ressources. Je revois, ou plutôt je ressens, le contact du Voile de la Vierge, dentelle de pierre qui orne le versant ouest de la cima della Madonna, dans le massif des Pala di San Martino. Et celui du spigolo Giallo, sur la cima Piccola des Tre Cime di Lavaredo. Et la mythique via Tissi, dans la torre Venezia de la Civetta! Dans mon corps comme dans ma tête est imprimé le souvenir d’instants hors du commun.

La montagne met l’alpiniste en relation directe avec l’univers, établissant une liaison triangulaire entre le monde, le corps et l’esprit. Cette liaison est immédiate, sans médiation. Et en particulier sans médiation mécanique, qui aurait dénaturé le rapport à la nature. Dans ce lien direct se découvre une sensualité inédite

Anne-Laure BOCH, L’euphorie des cimes, éd. Tansboréal, 2008.

Du bon usage de la montagne

Soudain, en pleine montée, me voici doublé par un coureur à pied, lancé comme une fusée, en short et tenue légère, qui semble prendre le GR5 pour une piste d’athlétisme. Puis en voici un deuxième, un troisième… J’ai l’impression d’être un éléphant. Pour eux, le relief est un terrain de jeu postmoderne: une course contre la montre qui ignore le degré de la pente et finit par mettre entre parenthèses la montagne elle-même. Cela témoigne d’un manque évident de respect, qui caractérise bien la vulgarité contemporaine: réduire la montagne à une simple piste d’athlétisme. J’apprendrai dans un entrefilet du journal que ces coureurs s’entraînent pour l’Ultra-Trail du mont Blanc, cent soixante-huit kilomètres pour neuf mille quatre cents mètres de dénivelée, dont le record est de vingt heures cinq minutes cinquante-huit secondes. Moi, je mettrais huit jours pour suivre le même chemin. Ce type de course a commencé à la fin des années 1970; il est devenu le nec plus ultra en vogue et les boutiques de sport de Chamonix ont les vitrines pleines de ses emblèmes: chaussures de course, mini-sac à dos, et cette gourde munie d’un tuyau directement branché sur la bouche qui permet de boire sans s’arrêter de courir. Quelle (més)aventure!

Antoine de Baecque, La traversée des Alpes. Essai d’histoire marchée, Gallimard, coll. Bibliothèque des Histoires, 2014.

Carl Gustav JUNG: Essai d’exploration de l’inconscient

Quelques mois avant sa mort, Jung fit un rêve dans lequel il s’adressait en toute simplicité à un large public qui le comprenait aisément. De ce rêve est sorti l’Essai d’exploration de l’inconscient, dernier livre du psychanalyste, introduction à sa doctrine à destination du grand public. Toute la démarche de Jung est dans cette inspiration. Le rêve est le révélateur de la psyché humaine, un terrain d’exploration extraordinaire, le lieu aussi où se préparent et s’expriment, sous la forme d’images symboliques, bien des décisions et des pensées conscientes à venir. Psychiatre, thérapeute, Jung aura donc sorti le rêve et l’inconscient de la pathologie où la psychanalyse freudienne les avaient enfermés, en rappelant que notre rapport à nous-mêmes, au réel, à la vie elle-même est tissé de symboles portant des émotions, des intentions inconscientes, et que la pathologie, en psychologie, n’est peut-être que l’envers du fonctionnement naturel de l’esprit…

Cela fait longtemps que j’entends parler de Jung. Par mes études d’abord, par la fréquentation ensuite des textes de Bachelard, que j’ai beaucoup lu à une période de ma vie, par ce que ses travaux ont ouvert enfin à l’étude des symboles et de la symbolique humaine. Autant dire donc que j’en savais un peu quelque chose. Mais j’étais resté jusqu’alors plutôt étranger à sa pratique analytique. Qu’est-ce qu’une psychanalyse ou une psychothérapie d’inspiration jungienne offrait exactement de particulier au-delà de ce que je savais que le matériau principal y était l’exploration des rêves? A chacun sa névrose, si j’ose dire. La mienne est de ne pas pouvoir tenir trop longtemps en sachant que je ne sais pas quelque chose, surtout si il suffit de lire pour combler cette ignorance. D’ailleurs, c’est moins d’ignorance dont il s’agit en l’occurrence que la promesse d’une terre nouvelle pour moi à explorer, un contenu nouveau d’expérience, peut-être des pensées et des émotions nouvelles. Et c’est d’abord cela, n’est-ce pas, que permettent les livres.

A la réflexion, je ne suis pas sûr cependant que l’Essai de Jung soit la meilleure introduction à son œuvre. Peut-être en savais-je trop finalement. Au-delà de l’importance répétée du rêve et du symbole, j’aurais aimé y trouver l’exploration de toute une architecture conceptuelle (le moi, le soi, l’anima, etc.) qui est le véritable apport scientifique de Jung à la psychologie, mais qui manque ici.

En revanche, Jung y pose clairement les raisons de sa différence avec l’analyse freudienne, qui entraîna leur rupture – sur le rôle de la libido, l’obsession sexuelle des interprétations freudiennes et plus généralement sur le rôle de l’inconscient et donc le fonctionnement de la psyché. Au schème linguistique freudien (l’inconscient est un langage), Jung substitue l’idée de la pensée comme production de symboles. Surtout, à la représentation de l’inconscient comme une sorte de placard dans lequel l’esprit tiendrait cachées les représentations désagréables, il substitue l’idée d’un inconscient créatif, créateur et du rêve comme espace de compensation d’une personnalité scindée entre des tendances ou des exigences divergentes. Réconcilier le sujet avec lui-même, en partant de ce qu’il est singulièrement et non des interprétations qu’il reçoit du psychanalyste dans l’espace de la cure, telle semble être l’inspiration de la démarche jungienne.

C’est l’aspect le plus intéressant du livre: Jung y développe l’idée d’une psychanalyse fondée essentiellement sur la pratique, attentive à la singularité du patient. C’est aussi peut-être ce qui pourra paraitre un peu décevant à le lire, pour qui cherche du moins dans les livres de psychanalyse cette sorte de grand spectacle qui personnellement m’a toujours un peu gêné, je dois le dire, dans les livres de Freud: ces fameux « cas » que Freud exhibe comme le papillon déploie ses ailes sous le regard de l’entomologiste. Très pudique à l’égard des cas des patients qu’il évoque, Jung n’en dit presque rien finalement, sinon qu’on le sent moins intéressé par le désir de prouver, comme un Freud, à grand renfort d’interpretations, la vérité de sa science, que soucieux du devenir de ses patients, dont il évoque les souffrances ou la « guérison » finales (un autre mot qui n’aurait pas sa place dans la démarche freudienne).

Et puis il y a tous ces développements sur la symbolique ésotérique, le divin, les rêves prémonitoires qui donnent souvent l’image d’un Jung un peu fumeux mais qui trouvent leur place dans son système théorique, ouvrant des perspectives philosophiques intéressantes au-delà de l’apparence surprenante (voire délirante) de certains énoncés. Philosophiques, c’est-à-dire comme telles appelant à la critique et à la réfutation. Mais ce serait sortir des limites de ce petit billet que d’en discuter plus en détail.

Bref, un livre intéressant si l’on veut comprendre l’inspiration générale de la psychologie de Jung, à lire rapidement, avant de se plonger peut-être dans un texte plus ardu, plus théorique. Au-delà des grandes inspirations, que vaut précisément cette doctrine? C’est la question, hélas, à quoi ne m’a pas permis de répondre l’Essai.

La présence du primitif

L’homme se sent isolé dans le cosmos, car il n’est plus engagé dans la nature et a perdu sa participation affective inconsciente avec ses phénomènes. Et les phénomènes naturels ont lentement perdu leurs implications symboliques. Le tonnerre n’est plus la voix iritée d’un dieu, ni l’éclair son projectile vengeur, la rivière n’abrite plus d’esprits, l’arbre n’est plus le principe de vie d’un homme, et les cavernes ne sont plus habitées par des démons. Les pierres, plantes, les animaux ne parlent plus à l’homme et
I’homme ne s’adresse plus à eux en croyant qu’ils peuvent l’entendre. Son contact avec la nature a été rompu, et avec lui a disparu l’énergie affective
profonde qu’engendraient ses relations symboliques.

Les symboles de nos rêves tentent de compenser cette perte énorme. Ils nous révèlent notre nature originelle, ses instincts et sa manière particulière
de penser. Malheureusement, ils expriment leur contenu dans le langage de la nature, qui est étrange et incompréhensible pour nous. Nous sommes donc obligés de traduire ce langage dans les termes et les concepts rationnels du discours moderne, qui s’est libéré de tout ce qui l’encombrait à l’époque primitive et particulièrement de la participation mystique avec les choses qu’il décrit. Aujourd’hui, lorsque nous parlons de fantômes et d’autres êtres numineux, ce n’est plus pour les évoquer. Ces mots jadis si puissants ont perdu la puissance en même temps que la gloire. Nous avons cessé de croire aux formules magiques. Il est peu de tabous ou d’autres restrictions analogues; notre monde est apparemment débarrassé de
« superstitions » telles que « les sorcières, les magiciens, les lutins », sans parler des loups-garous, des vampires, des âmes de la brousse, et de toutes les autres créatures bizarres qui peuplaient la forêt primitive.

Plus exactement, c’est la surface de notre monde qui est nettoyée de tous les éléments superstitieux et irrationnels. Que, pourtant, notre monde intérieur (et non pas l’image complaisante que nous nous en faisons) soit, lui aussi, délivré de tout caractère primitif est plus douteux.

C.G. JUNG, Essai d’exploration de l’inconscient, traduction Laure Deutschmeister, Robert Laffont, 1964, Folio, pp. 163 sqq