Au départ, c’était pendant le premier confinement. Je me suis dit que j’allais prendre quelques semaines, pour lire, tout simplement, dégagé de la pression des billets réguliers. Ce n’était pas la première fois. L’envie de retrouver quelque chose comme le plaisir de se perdre dans la lecture sans avoir à penser à quelles pages retenir, à quels mots souligner. Une lecture sans le texte à rédiger, à publier – conversation délicieuse avec les livres lus, mais dont il faut savoir s’extraire aussi parfois pour mieux en sentir le charme.

Non, ce n’était pas la première fois.

Régulièrement, en effet, ceux qui me suivent le savent, je m’absente, un mois ou deux. Avant de revenir avec encore plus de plaisir à l’écriture, au blog, aux échanges aussi que les billets permettent.

Le premier confinement était l’occasion parfaite. Au moment des apéros zoom et des soirées skype, l’envie de revenir à cette intimité de la lecture qui me fait retrouver en moi, dans ce repli très singulier qu’offrent les livres, une ouverture au monde, aux autres, à la pensée. Cette ouverture qui au moment du confinement justement nous était refusée et tendait à s’éloigner comme cette évidence qu’elle avait toujours été pour la conscience ouverte par nature au monde et aux rencontres.

Il y avait peut-être aussi que je n’avais pas envie de parler de mes lectures du moment, choisies comme antidote au sentiment de sidération qui m’a envahi, comme nous tous alors, choisies parfois pour l’aggraver aussi, pour le creuser. Pas envie de rajouter des mots par nature inutiles face à une réalité pour lesquels justement les mots manquait. L’envie donc au contraire de ne plus dire, de ne plus écrire. Mais de recevoir d’abord. Donc de lire.

Et puis l’expérience a duré.

Aujourd’hui, je me dis qu’il serait peut-être temps que j’en sorte… Et que je reprenne le cours de ce carnet, interrompu, mais jamais arrêté.

Que je reprenne aussi le chemin des blogs amis que pendant tous ces mois j’ai suivi de loin.

Une forme de déconfinement dirai-je…

11 Comments on Lire, moment intime (et autres histoires de blog)

  1. En voyant arriver ce signe de vie, je me disais, oui, ça fait longtemps… Délaisser le blog ne veut pas dire qu’on cesse de lire, heureusement!

    • Ça fait du bien quand même de retrouver le blog, même si j’admire ceux/celles qui arrivent à être au poste depuis des années sans jamais flancher à la tâche.

  2. Je comprends si bien ce besoin de lire sans arrière-pensée ! J’ai vécu 2020 très différemment (je n’ai quasi pas lu – j’en ai été plus ou moins incapable) et je t’envie cette bulle, ce temps pour toi 🙂 tout en me réjouissant de revoir de la lumière ici. Bon retour !

  3. Quel plaisir de te relire. Je comprends parfaitement ce moment de  » pause « , de distance. Il est bon parfois de revenir dans sa bulle, et, comme tu le soulignes, retrouver intact l’envie de revenir. Et puis, toutes les lectures ne se partagent pas. J’aime ce principe de vagabondage vis à vis du blog. Le moins qu’on puisse dire, c’est que je l’applique… Bel été à toi 🙂

  4. Oh oh coucou ! Une fois que l’on a cessé une habitude, il n’est pas facile de la reprendre. On peut en profiter pour reprendre, mais différemment aussi.
    Bref, c’est un plaisir de voir ce carnet s’entrouvrir à nouveau.
    Bel été, avec ou sans lecture, avec ou sans écriture !

  5. Je suis heureuse de te relire. Ayant moi aussi délaissé mon blog parfois, je comprends ton ressenti. Au plaisir de découvrir de nouvelles lectures chez toi.

  6. Ravie de ce réveil de blog annoncé. Parfois je décide aussi de lire sans prendre de notes ni souligner, c’est ce que je fais pour l’instant, le crayon en vacances… Pour ma part, lire et continuer le blog – écriture et échanges – m’a aidée à traverser cette pandémie éprouvante.

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