Une légère brise parcourut la crevasse et je sentais sur mes joues un souffle glacial remonter des profondeurs. Une atmosphère étrange émanait de cette salle; les murs étaient animés d’un ballet de lueurs chatoyantes et d’ombres bleutées. À travers les reflets opalescents des parois de glace, quelques rochers lançaient leur éclat sombre et humide. Une mystérieuse menace hantait cet endroit, je sentais son haleine froide, et j’avais l’impression d’avoir pénétré dans un lieu sacré, un sanctuaire avec une formidable voûte de cristal et de murs enchâssés de centaines de pierres précieuses. Par-delà l’immense porte formée par le pont de neige, les ombres se fondaient dans l’obscurité au fond de laquelle se dissimulait une autre crypte silencieuse. La présence menaçante était un pur produit de mon imagination, pourtant elle m’obsédait. Je ne pouvais échapper à l’idée qu’une entité, tapie dans les ténèbres depuis des temps immémoriaux, attendait une victime, patiemment. Maintenant elle m’avait à sa merci, et sans cette échelle de lumière qui m’appelait, je serais peut-être resté là à jamais, paralysé, vaincu par cette terrible paix.

Joël SIMPSON, La mort silencieuse (1988), Editions Glénat, 2004, coll.Points/Aventure, pp.175-176

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