Sharpe, Wilt1Depuis 10 ans, Henry Wilt vit entre une épouse excentrique, qui se passionne sans retenue pour les dernières idées à la mode, et son poste d’enseignant de culture générale, dans un établissement technique. Une vie sans ambition. Pour ne pas perdre la raison, Wilt n’a d’autre issue que d’imaginer chaque soir, à l’heure où il sort promener son chien, les mille et une façons d’assassiner sa femme. Une idée en passant, pour tenir. Mais voilà qu’un jour, la plantureuse épouse du professeur Wilt, nouvelle adepte de la libération sexuelle, laisse là Henry Wilt, au sortir d’une soirée épouvantable, pour suivre un couple dont elle vient de faire la rencontre et s’initier à la Touch-Therapy…

En ouvrant ce premier Wilt, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le sous-titre du roman (Comment se sortir d’une poupée gonflable et de beaucoup d’autres ennuis encore) n’est désopilant que pour qui connaît Wilt déjà. Heureusement, la rencontre ne tarde guère. Apathique et maladroit, Wilt est une des figures les plus résolument drôles de la littérature anglaise; et Tom Sharpe un auteur dont je vais dévorer rapidement les autres oeuvres (j’ai déjà la pile des 5 volumes de Wilt sur ma table de chevet). Il n’est pas très facile de raconter l’histoire, sinon qu’elle tourne autour d’un malentendu: après avoir un peu trop abusé du gin, Wilt décide un soir de mimer le meurtre de sa femme avec une poupée gonflable et fait disparaître le cadavre de plastique dans les fondations du nouveau bâtiment de direction de son école, en construction. Interrogé par la police, qui croit que Wilt a réellement tué sa femme, celui-ci profite de ces quelques jours de célébrité en jouant sans limites avec les nerfs des enquêteurs. Du très grand art. D’autant que les aventures de Mme Wilt, menée par le bout du nez par un couple de libertins qui profitent de sa naïveté, valent elles aussi largement le détour. Bref, c’est vraiment très très drôle. On se demande comment quelque chose d’aussi loufoque parvient à tenir et pourtant cela fonctionne- peut-être ce mélange de grossièreté la plus crue et de bonne éducation que savent seuls manier les auteurs britanniques; ou un art acéré de la satire, car Tom Sharpe, sous ses dehors d’auteurs loufoque, est un admirable moraliste.

Lu dans le cadre de la LC Tom Sharpe organisée par Denis

 

10 Comments on Tom SHARPE: Wilt 1

  1. Vous me donnez vraiment envie de découvrir la série avec tous ces billets ! J’ai mis beaucoup de temps à découvrir Sharpe que je prenais pour un auteur très très léger, voire inconsistant, je ne
    sais pourquoi, alors que son humour débridé mérite le détour ! Pour ma part j’ai beaucoup aimé mes deux premières lectures… loin de Wilt. Mais maintenant cette série me tente terriblement tu t’en
    doutes ! Dans le même genre de sujet je suis en train de lire « Oh My Dear » de Middleton, il s’agit d’un type qui veut se débarrasser de sa femme et plutôt que de divorcer, il décide de la pousser
    du haut d’une falaise… ce qu’il fait, ou croit faire, mais lorsqu’il rentre chez lui il trouve sa chère et tendre à la maison. Le meurtre parfait n’était pas si parfait que ça !

  2. Je trouve que le roman prend son envol a partir de l’histoire de la poupée coincée dans le béton. J’étais un peu déçue par le début mais heureusement Judy a fait son apparition et tout est devenu
    beaucoup plus réjouissant. Tu me diras si la suite est à la hauteur.

  3. c’est dans l’esprit de celui que j’ai lu, c’est du Sharpe dirons-nous? une découverte pour moi et j’en lirai d’autres quand je voudrai me divertir avec des livres de qualité

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