Au départ, c’était pendant le premier confinement. Je me suis dit que j’allais prendre quelques semaines, pour lire, tout simplement, dégagé de la pression des billets réguliers. Ce n’était pas la première fois. L’envie de retrouver quelque chose comme le plaisir de se perdre dans la lecture sans avoir à penser à quelles pages retenir, à quels mots souligner. Une lecture sans le texte à rédiger, à publier – conversation délicieuse avec les livres lus, mais dont il faut savoir s’extraire aussi parfois pour mieux en sentir le charme.

Non, ce n’était pas la première fois.

Régulièrement, en effet, ceux qui me suivent le savent, je m’absente, un mois ou deux. Avant de revenir avec encore plus de plaisir à l’écriture, au blog, aux échanges aussi que les billets permettent.

Le premier confinement était l’occasion parfaite. Au moment des apéros zoom et des soirées skype, l’envie de revenir à cette intimité de la lecture qui me fait retrouver en moi, dans ce repli très singulier qu’offrent les livres, une ouverture au monde, aux autres, à la pensée. Cette ouverture qui au moment du confinement justement nous était refusée et tendait à s’éloigner comme cette évidence qu’elle avait toujours été pour la conscience ouverte par nature au monde et aux rencontres.

Il y avait peut-être aussi que je n’avais pas envie de parler de mes lectures du moment, choisies comme antidote au sentiment de sidération qui m’a envahi, comme nous tous alors, choisies parfois pour l’aggraver aussi, pour le creuser. Pas envie de rajouter des mots par nature inutiles face à une réalité pour lesquels justement les mots manquait. L’envie donc au contraire de ne plus dire, de ne plus écrire. Mais de recevoir d’abord. Donc de lire.

Et puis l’expérience a duré.

Aujourd’hui, je me dis qu’il serait peut-être temps que j’en sorte… Et que je reprenne le cours de ce carnet, interrompu, mais jamais arrêté.

Que je reprenne aussi le chemin des blogs amis que pendant tous ces mois j’ai suivi de loin.

Une forme de déconfinement dirai-je…