Romancière, Belinda Cannone pratique aussi la marche, en montagne, une montagne d’été. Et quand elle ne marche pas, elle danse, le tango, cette danse dont on a dit suggestivement qu’elle était une idéalisation de la marche. Prélude à de poétiques réflexions sur notre façon d’être au réel et d’habiter le monde, cette longue pratique de la marche, entre les pas de laquelle on reconnait aussi l’expérience de mille émerveillements comme les chausse-trappes de l’existence avec ses ruptures et ses recommencements, a fini par nourrir cet essai sensible, aux subtils accents philosophiques.

J’avais entendu il y a quelque temps l’auteure dans une émission à la radio, et je n’avais pas été très convaincu par son propos. Preuve qu’il faut parfois s’en tenir avec les écrivains à ce qu’ils savent faire, c’est-à-dire des livres, cet essai dont le beau titre et la couverture suggestive ont fini par titiller mon désir de lectures voyageuses. Un voyage par les cols et les cimes, bien sûr, mais aussi parce que, on ne le dira jamais assez, la marche est un puissant allié à la méditation du monde, une déambulation dont les mérites contrastés d’une philosophie du sens et d’une philosophie du désir, le sentiment océanique de la vie, la littérature de mer et de montagne sont quelques unes des principales stations. Il y a aussi bien sûr ce très beau titre qui donne quelques pages formidables dont j’ai publié un extrait dans mon billet précédent. L’essai est complété par quelques lectures montagnardes, de Jean Giono (Regain), de Marlen Haushofer (Le Mur invisible), de Simone de Beauvoir (La Force de l’âge).

4 Comments on Belinda CANNONE: La forme du monde

Répondre à Tania Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.