L’euphorie des cimes, cette ivresse particulière du dépassement de soi en montagne. Chirurgien et alpiniste amateur, Anne-Marie Boch y consacre un joli petit essai qui est comme une sorte de phénoménologie de l’alpinisme. Beau récit d’expériences qui, mises bout à bout, finissent par approcher quelque chose de cette euphorie des cimes qui donne son joli titre à ce livre: l’hostilité du milieu naturel, sa fragilité, un certain romantisme de la solitude, l’effroi délicieux d’une montagne qui contemplée de près ouvre au sentiment du sublime, les effets aussi sur le corps et l’esprit, comme une drogue, jusqu’à une forme de mysticisme, et puis la découverte de l’intelligence du corps confrontée à l’altérité de la nature, le monde pris à mains nues, entre caresse et écorchure, dans cet art particulier à la fois si technique et qui cependant ne proscrit aucun geste a priori, tout dépendant pour finir de la paroi à laquelle il faut bien s’adapter. Ainsi l’alpinisme est-il une activité engagée comme on dit dans le jargon de ce sport. La recherche de la peur, de l’angoisse, du malaise n’est pas à négliger. Avec peut-être ce fond de culture aristocratique: « Valider son existence en la risquant »!

Voilà, difficile de résumer un tel livre, à la fois très sensible, visuel, tactile, presque sensuel dans son évocation des courses en montagne. On y passe en tout cas une belle heure de lecture.

2 Comments on Anne-Marie BOCH: L’euphorie des cimes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.