Payne (Andrew), SynopsisAlan et Brian, deux scénaristes qui travaillent pour la télévision, sont associés dans l’écriture de séries un peu faciles, grâce auxquelles ils ont atteint l’aisance matérielle et le succès – un duo hétéroclite qui se nourrit du talent et des limites de chacun. Mais Brian s’étiole auprès d’Alan. Quand Alan apprend que Brian a travaillé, dans le secret, à l’écriture d’un scénario pour le cinéma, et que celui-ci va bientôt être adapté, tout bascule. Jusqu’où peut aller l’amitié et la fidélité à son ami ?

 

Avec Andrew Payne, nous pénétrons dans le petit monde des scénaristes de séries télévisées. Alan, un peu fumiste, alcoolique, se nourrit du talent de Brian à mettre en forme ses idées fantaisistes. Ensemble, ils forment un duo efficace à « pisser » la copie pour le compte de productions télévisées stéréotypées. Andrew Payne, qui a travaillé lui-même pour la télévision, connaît bien ce milieu. Sur scène, un bureau, un fauteuil, un décor standardisé et sommaire. Deux personnages qui évoluent comme les personnages d’un épisode de sitcom un peu trash. L’écriture, parfois trop facile, hérite elle-même de la formule et du format des séries télévisées. Le talent d’Andrew Payne est de savoir poser la question de la création, des ambitions, de la réussite à l’intérieur même du monde qui les nourrit et les limite. Brian, pour percer à la télévision, a du renoncer à ses rêves de jeunesse. Peu à peu, son écriture s’est fourvoyée dans des projets stéréotypés. Mais c’est là aussi qu’il a trouvé le succès. Un grand appartement à Londres, une voiture de luxe allemande, une femme jolie que son ami même lui envie. Le projet d’un scénario pour le cinéma est pour lui un nouveau départ. La pièce d’Andrew Payne est la tragédie d’un homme que la télévision a prise et qui est condamné (je ne dévoile pas tout!) à cet enfermement.

 

Malheureusement, je n’ai pas été vraiment convaincu par la pièce. L’idée de deux auteurs de sitcom mis en scène dans une pièce construite comme un épisode de sitcom fait penser au dispositif de La Tante Julia et le scribouillard, mais on est bien loin ici cependant du génie de Mario Vargas Llosa. Autour de moi, à Avignon, le public semblait apprécier la pièce, et je n’ai entendu, à la fin de la représentation, aucun jugement négatif. J’ai moi-même passé un bon moment, mais sans plus. La pièce mérite cependant d’être vue, comme une revanche malicieuse du théâtre sur le monde dominant de la télévision et de ses codes : la passion de la scénarisation à tout prix, contre laquelle Andrew Payne donne quelques jolis coups de griffe, y est joliment moquée, mais sans méchanceté, comme l’un des travers de notre époque.

 

 Festival OFF d’Avignon

Théâtre des béliers du 8 au 31 juillet 2013 à 12h20

Avec: Florent Aumaitre, Slimane Kacioui
Metteur en scène : Romain Thunin
Régisseur : Candy Beauchet
Adaptateur : Robert Plagnol, Vanessa Chouraqui

 

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