Padova.jpgLes deux collections éditées par l’éditeur d’art milanais Skira, « Gli itinerari d’arte » et « Le città d’arte », dont certains titres sont peut-être disponibles en français, proposent d’intéressants guides consacrés à des itinéraires peu connus (« La plaine émilienne: Bologne, Ferrare et Modène », « La Suisse italienne », « La Valtellina »…) ou à des villes (« Brescia », « Bergame », « Pavie », « Crémone »…). Le volume dédié à Padoue accompagne agréablement le voyage et se montre une aide précieuse à la découverte de la ville.

 

Cinq itinéraires variés sont proposés d’abord qui permettent, dans l’esprit des guides de voyage, mais avec un niveau d’information plus exigeant, de sillonner Padoue. Des notices approfondies sont proposées: la décoration de la chapelle Scrovegni par Giotto. Le café Pedrocchi. Le palais de la Raison, centre civil de la ville médiévale décoré d’un passionnant cycle pictural d’inspiration astrologique, qui est une méditation sur les formes du bon gouvernement, palais qui aujourd’hui encore occupe une place importante au coeur de la cité, puisque son rez-de-chaussé est encore occupé par un immense marché couvert. Le Prato della valle, splendide place au sud de la ville offrant le spectacle curieux d’une île gigantesque en plein coeur de la place, aménagé en jardin, bordé de statues et d’un canal circulaire, et relié à l’espace urbain par quatre ponts disposés symétriquement. L’autel du Santo sculpté par Donatello.

 

Mais ce sont les quatre itinéraires suivants, rangés sous la rubriques « itinéraires thématiques« , qui font tout l’intérêt de ce guide. En particulier on y trouve une passionnante découverte des grands cycles décoratifs du XIVème siècle, qui est une mise au point intéressante sur l’influence de Giotto à Padoue et les conséquences de sa confrontation avec la leçon des grands maîtres du nord: Giotto aux Scrovegni, Guariento aux Eremitani (où l’on n’oubliera pas de jeter un coup d’oeil aussi aux fresques peintes un siècle plus tard par Mantegna, ravagées par les bombardements de 1944, mais qu’une intelligente restauration consistant à remplir en noir et blanc les vides laissés par les destructions de la guerre a rendues de nouveau intelligibles), Guariento à la Reggia Carrarese, Giusto de’ Menabuoi au Baptistère de la Cathédrale, Altichiero et Avanzi à la chapelle San Giacomo du Santo ou Altichiero seul à l’oratoire de San Giorgio sont les étapes d’un parcours qui en une seule journée (à condition qu’on soit vraiment féru de peinture du XIVème siècle!) permet de jouir de ce que la peinture gothique a produit de plus beau.

 

 

Guide Skira – Le Città d’arte: Padova. Milan. Skira Editore. 2004.

 

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