La Suisse italienne. Eté 2000. Dans le monde discret des joailliers, entre Lugano et Locarno, un homme tue, une vengeance s’accomplit, liée à un précieux collier de diamants, mystérieusement retrouvé par la jeune Francesca Besson dans le grenier familial. Mis sur l’affaire, le détective privé Elia Contini enquête et tente d’anticiper les coups d’un tueur qui agit de mystérieuse manière. Mais comment arrêter le plan diabolique d’un homme répété minutieusement, depuis plusieurs dizaines d’années?

 

Chi muore si rivede est le premier roman d’un jeune auteur de gialli (c’est le nom des polars en italien), un tessinois qui vit aujourd’hui à Bellinzona. Depuis, Andrea Fazioli, un publié un second roman, où l’on retrouve le fantasque détective Contini. Mais aucun de ses romans n’est encore publié en français, ce qui ne saurait cependant pas tarder, étant donné l’estime dont l’auteur commence à jouir en Suisse et dans l’Italie voisine.

 

C’est un polar classique, qui met en scène un détective qui est la synthèse de figures bien connues, et dont on connaît la réussite: quelque chose entre le commissaire Laviolette et Pépé Carvalho. Comme ses illustres prédécesseurs, Elia Contini a ses manies: photographier les renards, s’habiller de costumes clairs et porter des chapeaux qui le font plus ressembler à un touriste argentin qu’à un détective suisse italien. Comme eux l’essentiel lui échappe, et c’est auprès d’un vieil original, qui a quitté la civilisation pour habiter une cabane dans la montagne, ce qui dans le Tessin est facile, il suffit de monter d’un petit millier de mètres, qu’Elia Contini vient chercher l’idée qui mettra fin à l’enquête. Tout ceci est plaisant. Mais la véritable réussite du roman est dans la façon de conduire le récit. Très vite, on sait qui est le criminel, même si on ne sait pas où ni comment il se cache. Les décors de la Suisse donnent lieu à quelques moments de bravoure, telles une scène à Zurich, lors de la Streetparade, et une autre sur la ligne ferroviaire du saint Gottard. Le suspense qui naît de ce que le lecteur en sait davantage que les personnages, même s’il ne perçoit que partiellement les raisons des actes, le récit rythmé d’une action dont dépend le destin d’un personnage, des épisodes mouvementés se déroulant dans les décors immobiles, presque mythiques d’un pays de carte postale, tout cela rappelle la manière des films d’Hitchcock. Un joli coup d’essai donc pour un plaisant polar.

 

 

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