C’est un quatuor de jeunes gens, une histoire d’amour et d’amitié, un chassé-croisé entre passion, rivalité, goût de la beauté et aspiration à la fortune. Deux jeunes amis fortunés: Bernard Longueville et Gordon Wright, un peintre et un physicien. Deux jeunes filles à marier: l’une, Angela Vivian, mystérieuse et « compliquée », l’autre, Blanche, une amie de la famille, jeune femme coquette, sotte et volubile. C’est souvent comme cela que commencent les histoires. Mais quand l’auteur est Henry James, il est normal que le jeu se corse un peu et que de chausse-trappes en défilés les personnages soient conduits au gré d’une danse étourdissante par sa capacité à brasser différents champs de la réalité sociale.

 

Au début, il y a des duo, ou ce qui aurait pu rester, sans la pichenette malicieuse de l’écrivain, deux histoires séparées: Bernard Longueville a rencontré furtivement Angela Vivian à Sienne, et en a profité pour faire son portrait et le lui offrir. Appelé quelques temps plus tard à Baden-Baden par son ami Gordon qui souhaite être conseillé sur la légitimité d’un possible mariage, le jeune peintre découvre qu’Angela est la future élue. Alors commence un ballet élégant et redoutable entre les quatre jeunes gens. Bientôt le quatuor ne suffit plus. Le ballet se poursuit au rythme d’un quintette, d’un sextuor. Le capitaine Lovelock, qui courtise sans espoir Blanche, parce que sa fortune est trop faible, entonne le thème léger et cependant triste du badinage éphémère. Mrs Vivian, la mère d’Angela, intéressée davantage par la fortune que par les sentiments de sa fille, laisse sourdre sa musique attachante (c’est une mère!) et sordide (mais une mère trop attachée à la fortune!). On badine, on flirte, on s’étudie, on s’évalue, on se poursuit, on se fuit. Un vrai bonheur de lecture.

2 comments on “Henry JAMES: Confiance”

  1. @Nanne: je vois que nous avons les mêmes goûts. A dire vrai, je connais peu les gros romans de James (« Portrait de femme », « La coupe d’or », etc.), mais j’adore ses textes courts (« Le tour d’écrou »; « Les papiers de Jeffrey Aspern »: éblouissante évocation de Venise; « Daisy Miller »; bien d’autres encore) et ses carnets de voyages, dont l’un m’a accompagné il y a quelques années dans un voyage en Italie. Sur ma PAL en ce moment je lorgne les deux gros volumes en Pléiade des nouvelles complètes…

  2. Je ne connaissais pas ce roman de Henry James, Cléanthe … Merci de l’avoir aussi bien présenté ! Je le note pour poursuivre ma lecture de cet auteur américain que j’apprécie !

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