Catégorie : Lectures communes et challenges

Honoré de BALZAC: Le Colonel Chabert

Le Colonel Chabert, qui participa heroïquement à la charge glorieuse de la bataille d’Eylau, est passé pour mort. Revenu littéralement de la tombe, il reparait après des années de convalescence dans le Paris de la Restauration, où il cherche à faire valoir ses droits et recouvrer son identité. Un jeune avoué, Maître Derville, accepte de plaider l’affaire et de venir en aide financièrement au vieux grognard. Maître Derville, qui est aussi l’avoué de la femme de Chabert, une ancienne prostituée que celui-ci a tiré du caniveau, engage une transaction entre les deux parties…

Le Colonel Chabert etait proposé samedi dernier par Maggie pour une Lecture commune. J’ai relu ces derniers temps plusieurs romans ou nouvelles de Balzac, dont j’étais sûr de bien connaître le propos, et à chaque fois, c’est la même (re)découverte. On gagne à lire et relire cet auteur. Ici, c’est l’ouverture du roman qui m’avait échappé : une belle scène de comédie sociale, pleine de truculence parisienne, dans l’esprit de certains films de Jean Renoir, cinéaste nourri lui aussi de cette litterature des grands auteurs du XIXème siècle. Si l’entrevue de Chabert avec sa femme était resté marquant dans mon esprit, j’ai peut-être lu la fin un peu différemment aussi que la première fois. Cette lecture est-elle la bonne? Je ne sais pas. C’est cela aussi qui est fascinant dans la relecture: percevoir la richesse d’un texte, à travers le feuilletage des différentes perceptions qu’on en aura eu à différents moment d’une vie.

Le Colonel Chabert est l’histoire d’une spoliation, d’une fortune volée et d’un transfert d’identité. C’est aussi un des portraits les plus émouvants de toute La Comédie humaine, hommage sans doute de Balzac aux grognards de Bonaparte, effacés pour ainsi dire d’un temps prosaïque et mercantile. Passé pour mort, Chabert a perdu sa fortune, dont sa femme a récupéré la plus grande partie en minimisant sa succession. Cette ancienne prostituée qui devait tout à Chabert, est désormais la comtesse Ferraud, mariée à un homme de vieille noblesse revenu de l’Émigration sans un sou qui l’a épousé pour son argent, et mère de 2 enfants.

Ayant reconnu son mari, la comtesse, qui n’a jusqu’alors repondu à aucune des lettres du colonel Chabert, tente avec lui une entreprise de séduction destinée sans doute à le spolier un peu plus dans la tentative de négociation qui se met en place entre les deux parties. Il y a chez Balzac les qualités d’un moraliste de grande manière, à la façon du XVIIème siècle. Rapide comme une épigramme, ou comme une satire de La Bruyère, le beau moment de comédie humaine où la Comtesse se retire avec le colonel dans son château à la campagne pour feindre de le cajoler et tenter de le seduire est un des moments de brio du récit, avec la description de Chabert dans l’étude de Derville au début du roman et son récit de la fosse commune où il fut enseveli avec les morts.

Préférant la misère, Chabert, qui refuse de se compromettre dans le jeu que lui joue son ancienne épouse, finira à l’hospice de Bicêtre, où Derville le retrouve par hasard bien des années plus tard, expliquant son brusque et mysterieux retrait de la scène sociale, dans un geste peut-être ultime de dignité, préférant se retirer d’un monde où les hommes comme lui n’ont plus de place.

Blogoclub de lecture: Consuelo, suivi de La Comtesse de Rudolstadt (George Sand)

Le blogoclub de lecture est une belle aventure, initié par Sylire il y a une dizaine d’années à peu près,  repris il y a quelques temps par Florence et Amandine: 4 lectures communes par an, sur un thème ou un auteur choisis ensemble. Je n’ai pas participé à tous les rendez-vous,  mais depuis toutes ces années, je suis tous les billets, pour y faire très souvent de belles découvertes.

Pour le rendez-vous du 1er décembre, nous étions laissés libres: présenter un livre ou un auteur qui nous tient à coeur, que nous venons de lire ou que nous avons lu il y a longtemps. Bref raconter ce qu’on veut, sur le livre qu’on veut. Un livre auquel on tient et qu’on voudrait faire partager.

Pour l’occasion, j’ai décidé de ressortir un billet, l’un des premiers publiés sur ce blog, il y a plus de dix ans déjà. Ce sont en fait deux billets, consacrés au diptyque de George Sand: Consuelo, suivi de La Comtesse de Rudolstadt, par lequel j’ai redécouvert cette auteure majeure du XIXème siècle… Mon souvenir de ces deux romans a un peu évolué depuis. Je gagnerais d’ailleurs sans doute à les relire. Mais il y a tant de livres à lire… Et à relire. Ma façon de rédiger mes billets a sans doute évoluée aussi. Mais c’est cela aussi qui est amusant. J’ai donc décidé de les garder tel quels. C’est eux que je publie à la suite…

ConsueloConsuelo est une pauvre orpheline espagnole dotée d’une voix magnifique. Elle est l’élève, à Venise, du Porpora, l’un des maîtres de la musique concertante. C’est là qu’elle fait ses débuts, aux côtés d’Anzoleto, son fiancé. Mais le succès n’est pas toujours heureux. Avec lui s’en va l’insouciance de la jeunesse. Consuelo est courtisée, mais résiste aux avances de son séducteur. Blessée par les infidélités de son fiancé, la jeune femme s’enfuit. Un étonnant voyage commence alors  qui conduira Consuelo au bout de l’art, de l’amour et d’elle-même en Bohème, dans le sinistre manoir des Rudolstadt, où le comte Albert, nature exaltée et fragile, abrite sa folie, puis à travers le Böhmerwald, en compagnie du jeune Joseph Haydn, à Vienne même et finalement à Prague, sur la route de Berlin.

La Comtesse de Rudelstadt – On retrouve Consuelo à Berlin, courtisée par Frédéric II et mêlée à ses intrigues politiques. Mais de curieux phénomènes se produisent… Consuelo croit apercevoir le spectre du comte Albert. A Spandau, où le roi qui la soupçonne de comploter contre lui a ordonné qu’on l’enferme, la jeune femme se sent étrangement surveillée. Et quels sont ces mystérieux amis, dirigés par un chevalier masqué, Livérani? Où prétendent-ils conduire Consuelo? Qu’est-ce que cette prison qu’ils lui proposent comme asile en échange de sa libération?

On ne dira jamais assez qu’il faut ranger George Sand parmi les meilleurs écrivains du XIXème siècle français. Une auteure à effets, dans le goût du roman-feuilleton où elle excelle. George Sand ne s’économise pas, c’est parfois ce qu’on lui reproche – d’en faire trop. Mais c’est vraiment un plaisir, quand on est un lecteur, d’être mené ainsi par le bout du nez sur près de 1500 pages. Les « effets » de George Sand sont l’instrument de ce plaisir: apostrophes au lecteur, multiplication des péripéties, trahisons, évanouissements, coups de théâtres. George Sand joue avec bonheur de toutes les séductions du genre romanesque. Ainsi Consuelo et La Comtesse de Rudolstadt, ces deux gros romans (1500 pages, je le répète), sont à la fois plusieurs romans, où le théâtre et le voyage, sous l’éclairage de la musique, occupent la principale place: il y a un roman d’amour (qui Consuelo choisira-t-elle du sensuel Anzoleto, de l’étrange Albert ou du mystérieux Livérani?), un roman noir, gothique, du  fantastique à la Radcliffe(« l’affreux château des géants », le « chêne de la pierre d’épouvante », le spectre d’Albert le voyant, les divagations de Zdenko le fou), un voyage bien documenté à travers l’Europe musicale et politique du XVIIIème siècle (Venise, la Bohème, Vienne, Prague, Berlin et cette mystérieuse étape finale du roman, quelque part sans doute en Allemagne), des aventures à la Dumas (évasions, travestissement), du mystère enfin (celui qui entoure les sociétés secrètes et leurs cérémonies initiatiques). Bref, un roman de formation au féminin, qui brille de mille feux et sur qui résonne, à travers les échos de l’opéra baroque et du classicisme viennois en gestation, le rêve d’une humanité future, réconciliée avec elle-même, c’est-à-dire réconciliée d’abord hommes et femmes. Un grand roman.

Le mois anglais 2018

Je prends les choses un peu en cours (mes lectures m’ont retenu du côté de Venise ces temps-ci), mais comment rater un événement annuel comme le Mois anglais ? Pour ceux qui ne connaissent pas encore (comment est-ce possible ? La toile ne bruit-elle pas chaque mois de juin d’une intensité nouvelle ? Pour sûr, s’il existe quelque civilisation extra-terrestre avancée à plusieurs milliers d’années lumière de la Terre et que leurs savants ont l’idée de braquer leurs détecteurs ondulato-hyper-troniques vers nous, ils doivent se dire que quelque chose décidément se passe chaque année du côté de notre petite tribu terrienne). Pour ceux donc qui ne connaissent pas encore, le mois anglais, c’est un événement organisé chaque mois de juin et pour tous le mois par deux spécialistes es-britisheries : Lou et Chryssilda.

Bref, plein d’événements pour lire et se divertir. La liste des rendez-vous est ci-dessous. Have a good time !

– LC Jonathan Coe (idéalement Testament à l’anglaise) : 1er juin

– Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums de Sophie Hérisson : 2 juin

– Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 3 juin

– Roman policier (choix libre) : 4 juin

– RDV SF / fantasy / surnaturel (roman ou BD avec fantômes, vampires, sorcières…), adulte ou jeunesse : 5 juin

– La région anglaise de votre choix à l’honneur: 6 juin

– Lecture en VO : 7 juin

– Recueil de nouvelles au choix : 8 juin

– Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums de Sophie Hérisson : 9 juin

– Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 10 juin

– OU Bord de mer (roman, film, photos… n’importe où sur la côte anglaise) : 10 juin

– Journée victorienne (films, romans, écrits à l’époque ou se déroulant sur la période) : 11 juin

– Let’s meet Agatha – soit Agatha Frost (Peridale Café), Agatha Raisin ou Agatha Christie : 12 juin

– Rendez-vous au campus (campus novel, film, photoreportage oxbridgien…) : 13 juin

– Roman jeunesse : 14 juin

– Read-a-thon sur 3 jours : du vendredi 15 juin (00h01) au dimanche 17 juin (23h59)

– Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums de Sophie Hérisson : 16 juin

– OU Un roman de J.P. Delaney (La Fille d’avant…) : 16 juin

– Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 17 juin

– Jane Austen (livre de l’auteur, adaptation TV, biopic, livre sur Jane Austen etc) : 18 juin

– OU Un vintage classic (début xxe aux 70’s) – Mitford, Waugh, Sackville West… : 18 juin

– Ghost story (livre/film/série ; Ghost tour si vous y avez participé) : 19 juin

– Anna Hope : 20 juin

– Ironie et humour anglais (roman ou nouvelle au choix) : 21 juin

– Susan Hill : 22 juin

– Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums de Sophie Hérisson : 23 juin

– Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 24 juin

– Roman historique : 25 juin

– OU Un classique (XIXe ou avant) : 25 juin

– Kate Morton : 26 juin

– Hommage aux suffragettes : 27 juin

– Virginia Woolf (livre de l’auteur, adaptation TV, biopic, biographie) OU Cercle littéraire woolfien incluant Vita Sackville-West, E.M Forster, TS Eliot… :  28 juin

– Peter Ackroyd : 29 juin 

– Rois, reines, princes et princesses d Angleterre (ça va du livre historique au roman en passant par des reportages sur des châteaux royaux, votre collection d’assiettes royal family et vos avis sur les robes des mariages royaux depuis la superbe meringue so 80’s de lady Di) : 30 juin

Marathon de lecture: 5 x Noël

Pour entrer dans le temps de Noël, Samarian et Chiky Poo , spécialistes en festivités livresques et autres pour ce mois de décembre, proposent ce week-end un marathon de lecture qui durera jusqu’à dimanche minuit. Vu le froid qui règne ces temps-ci et la météo qu’on nous prévoit pour ces prochains jours, je me suis inscrit avec plaisir à ce marathon. Les choses ont vraiment commencé pour moi à 22h.  Je tiendrai à jour ce billet au fur et à mesure de mes lectures.

Vendredi 1er

22h je tourne la première page de Je voyage seule un thriller du norvégien Samuel Bjørk.

22h15 je suis déjà bien accroché à ma lecture. Rendez- vous dans une heure ou deux. Je pense que ce livre va me plaire…

23h45 bien malgré moi, mes yeux se ferment pendant que j’essaie d’avancer encore un peu dans ma lecture. Je crois qu’il est plus raisonnable de continuer demain.

Samedi 2

7h30 C’est reparti! Après une petit tournée des blogs, je replonge dans ma lecture.

9h30 l’ambiance norvégienne de ce thriller est passionnante, mais je dois mettre ma lecture en pause. J’ai pas mal de travail aujourd’hui. J’essaierai d’y revenir plus tard dans la journée.

18H30 de retour au chaud dans mon canapé. Je m’offre une heure de lecture.

23H Je me suis remis à ma lecture vers 21H après avoir repris des forces grâce à un bon plat de gnocchi saupoudrés de noisettes, noix muscade et pecorino; une bonne petite salade aux cranberries; mais pas de vin! Je dois garder les idées claires 🙂 Je compte bien lire jusqu’à minuit au moins! Je prends le temps de répondre aux commentaires, mais je ne pense pas pouvoir faire le tour des blogs ce soir. J’y passerai demain matin après une bonne (courte?) nuit de sommeil.

Dimanche 3

10H J’ai finalement fini hier soir vers minuit et demi. Après un petit tour des blogs pendant le petit dej’, je file de nouveau travailler. Retour à la lecture cet après-midi avec, je pense, un petit Anne Perry, histoire de me remettre du rythme trépidant du thriller de Bjørk.

14H20 après un bon petit resto  (poulet au morilles, miam!),  je me pose dans un salon de thé et commence à entrer dans l’ambiance de Noël.

16H45 retour à la maison. Je poursuis  ma lecture de Anne Perry: dans un manoir du Yorkshire coincé par la neige à Noël, des comédiens se sont réunis pour jouer une adaptation de Dracula de Bram Stocker… L’Oratorio de Noël de J.S. Bach m’accompagne dans ma lecture. A la baguette, René Jacobs.

21H30 J’ai fini le Anne Perry dans l’après-midi. Un bon cru, je trouve, avec bien sûr les limites du genre. Mais on passe un bon moment, ce qui est le but de ce type de récit. Après un tour des blogs, je replonge dans Je voyage seule que j’ai dû abandonner hier soir (parce qu’il faut bien se coucher parfois! même si je continue de rêver, comme je le faisais parfois adolescent de ces livres dévorés tout au long de la nuit et achevés au petit matin. Il faudra que j’essaye pour un prochain marathon peut-être, mais ce sera un week-end sans travail!)

Lundi 4 – bilan

Le marathon s’est achevé pour moi hier soir, un peu après minuit et demi. J’ai poussé un peu plus tard que je ne l’avais prévu, mais j’ai fini mon thriller norvégien – non, on n’abandonne pas un thriller dans les 50 dernières pages!

Au bilan de ce week-end, donc, deux livres:

Je voyage seule de Samuel BJØRK. Un thriller très efficace, que j’avais mis au programme des lectures de ce mois de Décembre Nordique. Pour mon billet, rendez-vous le 22/12, jour de la LC Norvège.

Le spectacle de Noël d’Anne PERRY. Qu’en dire, sinon que c’est un Anne Perry? Un de ces « petits crimes de Noël  » auxquels je reviens chaque année, non parce que ce seraient les meilleurs polars du monde, mais comme on revient à la dinde ou aux papillotes. Ça fait partie du moment et on y passe agréablement quelques bonnes heures de lecture.

Je ne pensais pas avoir le temps de lire beaucoup ce week-end, mais en raccourcissant un peu les nuits, je suis quand même arrivé à tourner près de 800 pages. Un bon bilan finalement!

 

 

Décembre nordique

Envie d’horizons baltiques? De rennes et de traîneaux? D’arbres s’élevant comme des traits de plume au dessus des lacs glacés? De vitrines givrées ouvrant sur toute une féerie de pâtisseries délicieuses? De silences qui sont des discours éloquents? Ou bien encore de petits crimes particuliers que des écrivains venus du Nord nous préparent depuis des années dans des récits policiers d’un style inimitable? Grâce à Cryssilda, décembre sera nordique de nouveau cette année. Le groupe Facebook a  été créé et de nombreuses lectures communes sont déjà  proposées.

Le 03/12 : JOURNEE de la FINLANDE: LC Polar finlandais ou tout autre sujet !

Le 05/12 : LC Ragnar Jonasson

Le 07/12 : LC Arto Paasilinna

Le 09/12 : JOURNEE du DANEMARK : LC Polar danois ou tout autre sujet !

Le 11/12 : LC Pasi Illmari Jääskeläinen

Le 15/12 : JOURNEE de l’ISLANDE : LC Polar islandais ou tout autre sujet !

Le 17/12 : LC Ibsen

Le 19/12 : LC Audur Ava Olafsdottir

Le 22/12 : JOURNEE de la NORVEGE : LC Polar norvégien ou tout autre sujet !

Le 25/12 : Noël nordique (histoire ou conte de Noël)

Le 29/12 : JOURNEE de la SUEDE :  LC Polar suédois ou tout autre sujet !

 

Le retour du mois anglais

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C’est demain le premier juin. Et les habitués de ce type de rendez-vous auront reconnu bien sûr l’événement parmi les évènements, la rencontre incontournable de la blogo littéraire, celui que pas un seul n’arrive à concurrencer, ce moment de pure festivité, et de lectures au long cours bien sûr, j’ai nommé

Le mois anglais!

Cette année (la cinquième quand même!), Lou et Cryssilda nous ont concocté toute une série de rendez-vous. Je ne sais pas encore comment je vais participer, sinon pour un LC de Thomas Hardy prévue le 15 juin avec Cryssilda. Mais ce mois de juin promet d’être  passionnant. Et puis, j’ai déjà quelques livres sous la main, qu’il ne me reste plus qu’à chroniquer. Alors à tous,

Bonnes Lectures!

Marathon de lecture de bienvenue à 2016

marathon-de-lecture-de-bienvenue-c3a0-2016Petit billet, ce soir, pour présenter le Marathon de lecture qui a commencé aujourd’hui et durera jusqu’à dimanche à minuit. Une bonne idée d’Arieste, pour entrer de plein pied dans cette nouvelle année 2016 que je vous souhaite pleine de livres et de douceur. Le groupe Facebook est consultable ici.

Je ne devrais être présent que de façon épisodique ce week-end. Le travail a tendance à s’accumuler un peu pour moi ces temps-ci et il est des moments où Cléanthe est contraint de se rappeler que la vie réelle, hélas, ne se ramène pas à un fauteuil, ni un bon livre. J’ai tendance à penser que la vie est plus réelle là qu’ailleurs. Mais il faut parfois savoir sacrifier aux exigences de gagner sa vie.

Je n’ai pas prévu de programme de lecture. Le but est bien sûr, c’est ce que j’aime dans les Marathons de lecture, de tomber les volumes et de faire baisser sa PAL (tâche impossible chez moi, ceux qui suivent mes aventures au centre de ma PAL sauront pourquoi!). Quelques orientations au mieux.

J’entre ainsi doucement dans ce week-end avec les Mémoires d’un chasseur de Tourguéniev, chronique douce et amère de la campagne russe au XIXème siècle par laquelle je poursuis ma découverte du grand écrivain réaliste. Je pense me replonger aussi dans les Confessions de Saint Augustin, à la suite du très beau roman de Claude Pujade-Renaud, Dans l’ombre de la lumière, découvert et lu d’une traite mercredi dernier. Ensuite, il me suffira de tendre la main et d’attraper le premier livre qui traîne. 🙂

Bon week-end de lecture à tous!

 

EDIT de Samedi

16h: après une matinée « laborieuse » et un petit tour en librairie en début d’après-midi, je reviens les bras charges de livres. Cela ne devrait pas contribuer à régler le problème de ma PAL pléthorique, mais je me suis fait une raison, c’est une maladie chronique. J’ai déniché notamment un volume de poèmes de Mandelstam qui devrait m’occuper un moment. Décidément, ce Marathon promet pour moi d’être très russe!

22h: petite pause dans mon week-end russe. Après un petit tour sur les blogs, je commence Les Falsificateurs d’Antoine Bello dont beaucoup de monde, y compris mon bibliothécaire, m’a dit le plus grand bien. Un petit pavé de 600 pages que je vais essayer d’avancer le plus possible d’ici demain.

Dimanche:

8h45: j’ai avancé de 250 p., hier soir, dans la lecture des Falsificateurs. Curieusement, l’intérêt du roman n’est pas là où j’aurais cru: le sujet (une société secrète falsifiant l’histoire) n’est qu’un motif permettant d’enchaîner les récits. En revanche, j’y ai trouvé un portrait assez réussi de la vie dans une entreprise à l’époque contemporaine et de l’ambition professionnelle nourrie de tout le fatras néolibéral sur l’épanouissement de soi au travail, la recherche du bonheur au service d’une tâche à laquelle le salarié doit trouver du plaisir, mais tout en ignorant les tenants et les aboutissants, sur lesquels il ne peut pas avoir prise. Ma matinée, de nouveau, promet d’être « laborieuse ». Je devrais avoir le temps cependant de me plonger dans un chapitre des Confessions de Saint Augustin, dont je reparlerai si je trouve le loisir de rédiger mon billet sur À l’ombre de la lumière de Claude Pujade-Renaud (l’auteur imagine la vie de l’ex-compagne de saint Augustin, des sortes de contre-confessions donc), ma belle découverte de cette semaine.

16h: retour, enfin!, au Marathon. Je poursuis Les Falsificateurs, avec l’objectif de le finir d’ici ce soir, même si cela me paraît un peu trop ambitieux. Peut-être prendrai-je le temps de rédiger un ou deux billets en retard.

21h: finalement, pas de billet aujourd’hui. Je poursuis jusqu’à minuit avec le roman d’A.Bello, en essayant de ne pas trop dépasser après minuit, car demain c’est une semaine de fou qui commence !

Minuit : ce Marathon arrive à sa fin! C’est l’heure du BILAN , pas trop mauvais finalement, vu le temps que j’ai pu consacrer à la lecture ce week-end:

  • Une centaine de pages des Mémoires d’un chasseur de Tourguéniev.Tourguéniev - Mémoires d'un chasseur
  • Un bon tiers du recueil de poèmes de Mandelstam, Pierre.Mandelstam - poésies 1906-1915
  • Les livres V et VI des Confessions de Saint Augustin.Augustin - Confessions
  • Je ne suis pas arrivé à bout des Falsificateurs d’Antoine Bello. Mais, avec 500 pages depuis hier soir, le challenge est presque tenu.Bello - Les Falsificateurs

Il me reste une centaine de pages, que je vais sans doute continuer à lire un peu après minuit. Je passerai sur les blogs des autres participants demain. Sans doute demain soir.

Les liens des billets des participants :

Le Challenge Halloween 2015 commence aujourd’hui!

Challenge Halloween 2015

Comme chaque année, Lou et Hilde nous convient au Challenge Halloween. Les festivités commencent aujourd’hui et prendront fin le 5 novembre.

Le Challenge Halloween

propose de partager lectures d’épouvante, gothiques, fantastiques, séries sur le thème, recettes effrayantes que vous n’avez jamais osé cuisiner et tout un tas d’autres joyeusetés comme il se doit hurlantes, bavantes, grinçantes, frappantes, glissantes, cliquetantes, bref, le genre de truc qui vous fera dresser les cheveux sur la tête.

Mais comme il est toujours plus agréable de s’aventurer en groupe dans des contrées inhospitalières (quoique… j’ai le souvenir de certains récits horrifiques où s’aventurer en groupe dans un endroit hanté par d’inquiétantes présences ne donnait guère envie de tenter soi même l’aventure!!!), nos deux charmantes organisatrices, vêtues pour l’heure d’une façon que je vous laisse imaginer et arborant haut leur porte lanterne, nous ont concocté  pour cette 6ème édition une de ces petites randonnées, dont il nous faudra longtemps, je pense, pour nous remettre.

La randonnée d’Halloween

Etape 1 :  Le 5 octobre 2015

Il est minuit : en route ! Un chemin sinistre et perdu dans la lande vous attend. A moins que vous ne décidiez de vous aventurer dans la Forêt des Damnés… la Forêt ou la Lande, à vous de choisir.

Pour moi, ce sera la forêt, avec un classique du roman gothique anglais:

Radcliffe, Les Mystères de la forêt

Etape 2 : Le 10 octobre 2015

Après toutes ces émotions, nous avons bien mérité de faire une pause.  Rien de tel qu’un pique-nique pour reprendre des forces. Les randonneurs découvrent leur casse-croûte en image et espèrent ne pas servir d’en-cas à quelques créatures qui rôdent dans les parages.

A vous de nous étonner avec vos créations culinaires halloweenesques !

Oui, mais comment étonner si cela ne reste pas une surprise? Enfin quelque chose tournant sans doute autour de ça:

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Etape 3 : Le 15 octobre 2015

Après vos errances bucoliques, voilà qu’apparaît une grille rouillée. Oserez-vous la pousser malgré ses grincements ?

Osez un livre ou un film qui vous fait vraiment peur ! Votre courage sera mis à rude épreuve, vous serez alors fin prêt à aborder les deux prochaines étapes.

Je n’ai jamais lu Stephen King. C’est l’occasion sans doute. Est-il possible d’avoir vraiment peur quand on lit? Il parait qu’avec celui-ci oui.

King, Salem

Etape 4 : Le 20 octobre

La fin de cette randonnée vous a entrainés vers un cimetière de campagne, isolé, à des kilomètres du prochain village. Au détour d’une allée, vous vous penchez pour lire une inscription. « Ci-gît »…

A vous de décider qui est censé résider à cet endroit : une célébrité locale chez les créatures, un auteur qui vous hante depuis des années…

Je dirai, sans hésitation, Edgar Poe, dont je souhaite depuis longtemps relire les histoires extraordinaires.

Poe, Histoires extraordinaires

 Etape 5 : Le 25 octobre

Mais quel est ce son étrange ? Il semble émanent du caveau le plus proche. Il se fait de plus en plus fort. Vous voudriez fuir mais restez, fascinés…

Que peut-il vous arriver de pire ? Racontez-nous ou choisissez le livre, film ou documentaire qui pourrait le mieux l’exprimer !

Une histoire de caveau, ceci me rappelle un roman gothique encore. Pour cette dernière étape, je n’ai pas encore choisi. Peut-être celui-ci:

Hoffmann, Les Elixirs du diable