Enfant, Polina est conduite à l’académie du professeur Bojinski pour y passer une audition. Le maître prestigieux est un homme cassant, exigeant avec ses élèves. Quelque chose va se nouer cependant entre Polina et cet homme qui voue un culte à l’art. Polina apparaît vite comme une élève surdouée, en qui le maître nourrit de grands espoirs. Les années passent. La carrière de Polina commence à se profiler. Mais la danse est-elle seulement une carrière? Le temps de la remise en question commence. Le moment pour Polina de trouver qui elle est, pourquoi elle danse…

J’aime beaucoup la danse, mais assez peu en général les livres qui parlent de la danse. Cela tient surtout à la façon de traiter le sujet, souvent biographique. Or je n’aime pas ordinairement les biographies d’artiste, qui ont tendance à aplatir un peu ce que l’artiste est parvenu à transcender ou tout simplement révéler dans son oeuvre. Ce n’est pas que j’idéalise l’art, ni que je ne sache que les intentions de la creation sont parfois plus prosaïques que celles que nous croyons trouver dans le résultat. Mais il y a entre l’oeuvre et la vie un jeu, une distance que j’aime mieux contempler du point de vue de l’oeuvre que de celui de la biographie. Bref, j’avais toutes les raisons d’attendre beaucoup du Polina de Bastien Vivès et de craindre d’être beaucoup déçu.

Crainte inutile puisque j’ai passé un très bon moment avec ce roman graphique! Mais surtout j’y ai trouvé ce que j’aime justement dans la danse, cette interprétation du mouvement, de la tension ou de la fluidité des corps, que souligne avec talent le crayon de Vivès. Grâce à un usage du noir et du blanc, relevé d’aplats gris qui au début peuvent surprendre – et j’ai aimé que ce gris me surprenne, Bastien Vivès parvient à raconter ce qui est moins finalement la biographie d’une danseuse qu’une interprétation  de la danse par le dessin. Il su saisir non seulement le mouvement des corps qui dansent, mais toute la tension, toutes les aspirations que les danseurs peuvent mettre dans ce corps. L’histoire elle-même est attachante, la relation du maître et de l’élève, les exigences de l’art, le croisement des passions privées et du goût de chacun pour la danse.

Une belle BD donc et un beau moment de lecture pour qui aime le dessin et la danse.

6 comments on “Polina (Bastien VIVÈS) – Roman graphique”

    • Je ne sais pas quel âge à ta petite fille, mais disons que cette bd est plutôt pour un public ado ou adulte. Si elle aime le dessin et la danse, elle devrait apprécier.

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