Deuxième rescapé de la longue tournée en province, avant que Molière ne soit vraiment Molière, Le Médecin volant brode sur un argument traditionnel de la comédie italienne: Lucile aime Valère, mais son père, Gorgibus, cherche à la marier à un autre. Pour repousser le mariage, Lucile feint donc d’être malade. Sganarelle, le valet de Valère, s’introduit auprès de la jeune femme, vêtu en faux médecin. Mais le bourgeois le rencontre bientôt, sans son habit de médecin. Pour continuer à duper le bourgeois, il s’invente un frère jumeau et doit passer rapidement d’un rôle à l’autre.


L’art véritable de Molière dans cette comédie réside sans doute ailleurs que dans le texte, qui n’est en l’occurrence qu’un canevas, comme c’est le cas ordinairement pour la farce, et on enrage, à le lire, en se disant qu’on a perdu à jamais le souvenir de ce qu’était le jeu de Molière, qu’on suppose avoir été un extraordinaire Sganarelle. Il n’empêche que la satire des médecins est plutôt drôle et dans le goût des développements futurs, par exemple du Malade imaginaire. Mais ce n’est qu’un canevas, dont la lecture se révèle finalement aussi frustrante que serait par exemple devoir s’en tenir à la lecture des scénarii des courts métrages de Chaplin pour approcher l’oeuvre future.

 

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