Mois : avril 2011

Alexander KENT: Le Feu de l’action (Bolitho 2)

Bolitho 21774. Richard Bolitho fait ses premières armes de lieutenant à bord de la frégate La Destinée sous le commandement du capitaine Dumaresq. Cap sur le sud. Première escale à Madère, où le secrétaire du capitaine est assassiné. Puis après un accroc avec un navire pirate au beau milieu de l’Atlantique, voici Rio, sa baie et son ambiance ensorcellante. C’est le moment pour Bolitho de tomber amoureux. Cependant que non sans rapport avec la belle jeune femme qui l’a séduit, une course au trésor commence, qui n’a d’autre objectif que l’or perdu des Espagnols et la traque de l’infâme pirate Garrick…

Dans une ambiance encore pleine de piraterie, ce second volet des aventures de Richard Bolitho, mieux réussi que le précédent, trouve un point d’équilibre certain entre les différentes exigences d’un roman d’aventures maritimes: une histoire d’amour éphémère et tragique; la fièvre d’une chasse au trésor; plus un contexte politique brouillé où, sous couvert de paix s’afirment les ambitions et les rivalités coloniales. La psychologie plus fouillée du personnage principal n’est pas la moindre des qualités de ce roman: avec les joies du carré, ce monde des demi-dieux à bord dont il a rêvé pendant ses années d’aspirant, Bolitho découvre aussi les angoisses du commandement, des ambitions nouvelles, ainsi que des dangers qui le conduisent à deux pas de la mort, laissant sur son visage cette cicatrice sans laquelle il n’y a pas de véritable héros. L’évocation réussie des lieux n’est pas pour rien sans doute dans le plaisir que l’on prend à ce roman. Madère et Rio offrent la saveur tropicale de douceurs menaçantes, où l’amour, l’épée et l’or composent un judicieux motif aux couleurs de la jeunesse du nouveau lieutenant Bolitho.

 

 

Alexander KENT, Le Feu de l’action (1980). Phébus Libretto, 2005.


Alexander KENT: A rude école (Bolitho 1)

A-rude-ecole.jpg1773. L’aspirant Bolito a seize ans. Et le voilà prêt, après une première expérience en mer qui a duré déjà plusieurs années, pour un deuxième embarquement. C’est l’âge où le jeune marin rêve déjà de prendre des responsabilités à bord, sous l’autorité des lieutenants, soumis au capitaine. Sur la Gorgone, d’abord, un imposant vaisseau qui appareille pour une destination inconnue, puis sur un petit patrouilleur au large des côtes de la Cornouaille, le courage de Richard Bolitho va être mis à rude épreuve, avec, à l’horizon l’espoir de s’émanciper de sa condition d’apprenti marin en devenant lieutenant…  ou la mort…

 

Des pirates sur mer ou sur terre, des contrebandiers, plus un infâme aristocrate anglais qui, sous prétexte de veiller à la sécurité des côtes anglaises, entretient son petit commerce malhonnête, c’est en cette obscure compagnie que nous conduit la première des aventures de Richard Bolitho, série fleuve du roman maritime. Comme chez son prédécesseur C.S.Forester (aventures du capitaine Hornblower), Kent choisit de suivre son personnage sur toute la durée de sa vie de marin. D’où, au final, une série de près de 30 romans, qui suivent les aventures maritimes de Bolitho, tout au long de sa carrière, et les répercussions sur mer d’une période mouvementée de l’histoire européenne: de la rivalité franco-britannique sur fond de guerre d’indépendance américaine aux guerres napoléoniennes.

 

Ce premier volume est un bon roman d’aventures maritimes, partagé entre scènes de combat et description de la vie à bord de ces véritables forteresses flottantes qui ont assuré la domination anglaise sur les mers du monde: abordages, meurtre, poursuites, traîtrises, mutinerie, ruses, promiscuité, brutalité, angoisse des marins grimpant dans les voilages au beau milieu des tempêtes, tels sont les ingrédients de ces premières aventures mouvementées, auxquelles manquent quand même peut-être une unité, un ton qui s’affermitra dans les volumes suivants, à mesure que Bolitho montera en grade et accèdera, avec de nouvelles responsabilités, à une conscience plus aigue de la situation militaire et politique dont il est l’instrument.

 

 

Alexander KENT, A rude école (1975). Phébus Libretto, 2005.